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22 juillet 2026

Mis à jour le 23 septembre 2026

7 min de lecture

Écrit par

Clément Lacaille

Clément Lacaille

Fondateur, Tech-Bharat

À propos de l’auteur
Stratégie, coûts & ROI

IA en entreprise : les chiffres Insee 2025 par taille et secteur

Insee : 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus utilisent l’IA en 2025, 15 % sous 50 salariés, 58 % à 250 et plus. Chiffres par secteur, freins et premier pas.

En bref : selon l’Insee Première n° 2120 paru le 21 juillet 2026 (Clément Lefebvre, enquête TIC entreprises 2025), 18 % des entreprises implantées en France de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2025, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. Le taux a triplé en deux ans et se rapproche de la moyenne de l’Union européenne (20 %). Mais l’écart entre petites et grandes entreprises se creuse : 15 % sous 50 salariés, 58 % à 250 salariés et plus.

Correction du 23 septembre 2026 : la première version de cet article présentait par erreur les taux par taille de 2024 (9 %, 15 %, 33 %) comme ceux de 2025. Les chiffres ci-dessous sont ceux de la figure 1 de l’Insee.

Taux d’usage de l’IA par taille d’entreprise, 2023-2025

Part des entreprises déclarant au moins une technologie d’IA. Champ : entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands, hors agriculture, finance et assurance. Sources : Insee, enquêtes TIC 2023 à 2025 ; Eurostat. Lu le 23 septembre 2026.
Taille202320242025UE 2025
10 à 49 salariés5 %9 %15 %17 %
50 à 249 salariés10 %15 %31 %30 %
250 salariés ou plus21 %33 %58 %55 %
Ensemble6 %10 %18 %20 %

Le rattrapage est réel : entre 2023 et 2025, l’usage de l’IA a triplé dans les entreprises de moins de 250 salariés. Mais comme elles partaient de plus bas, l’écart en points s’est creusé : 16 points entre les moins de 50 salariés et les 250 et plus en 2023, 43 points en 2025. L’Insee attribue cet effet de taille aux coûts fixes d’adoption. Les entreprises de moins de 50 salariés représentent 85 % du champ de l’enquête : ce sont elles qui tirent la moyenne vers le bas. Face à l’Europe, les entreprises françaises de 50 à 249 salariés sont désormais au niveau de l’UE, celles de 250 salariés ou plus 3 points au-dessus, et celles de moins de 50 salariés encore 2 points en dessous.

Par secteur : de 9 % à 59 %

Source : Insee Première n° 2120, figure 1.
Secteur20242025UE 2025
Information-communication42 %59 %63 %
Activités spécialisées, scientifiques et techniques17 %33 %40 %
Activités immobilières14 %26 %25 %
Services administratifs et de soutien11 %19 %20 %
Énergie, eau, déchets9 %19 %18 %
Industrie manufacturière7 %17 %17 %
Commerce10 %13 %19 %
Hébergement-restauration5 %12 %12 %
Construction3 %10 %11 %
Transports et entreposage5 %9 %11 %

Le taux brut sous-estime certains secteurs. Pondéré par l’emploi, 66 % des emplois du transport et de l’entreposage se trouvent dans une entreprise qui utilise l’IA, alors que seules 9 % des entreprises du secteur l’utilisent : les grands groupes l’ont adoptée. Les entreprises utilisatrices concentrent désormais 66 % du chiffre d’affaires et 59 % de l’emploi du champ, contre 49 % et 40 % en 2024 — ce qui, précise l’Insee, ne veut pas dire que 59 % des salariés utilisent eux-mêmes l’IA.

Pourquoi les entreprises n’y vont pas : les freins déclarés

Source : Insee, enquête TIC entreprises 2025 (figure 4).
Raison citée (entreprises sans IA)10-4950-249250 et +Ensemble
Pas d’utilité pour l’entreprise71 %69 %54 %71 %
Manque d’expertise53 %66 %73 %54 %
Incompatibilité avec les équipements ou logiciels38 %45 %46 %38 %
Inquiétudes sur la protection des données37 %44 %53 %38 %
Manque de clarté juridique36 %48 %50 %38 %
Coûts trop élevés31 %42 %40 %32 %
Difficultés liées aux données nécessaires28 %32 %49 %29 %
Considérations éthiques24 %30 %27 %25 %

Les entreprises qui utilisent déjà l’IA citent les mêmes freins pour aller plus loin : 53 % le manque d’expertise, 43 % la protection des données, 42 % le manque de clarté juridique et 33 % les coûts. L’usage reste aussi étroit : parmi les utilisatrices, 56 % pratiquent la fouille automatique de texte et 43 % l’IA générative de texte ou de parole, et 73 % disent s’en servir pour optimiser leurs coûts (gain de temps ou de main-d’œuvre, automatisation de tâches répétitives).

Ce que la recherche ajoute

À partir de la même enquête TIC (données 2018), Flavio Calvino et Luca Fontanelli (Research Policy, 2026) distinguent les entreprises qui achètent de l’IA à un prestataire de celles qui la développent. Les acheteuses sont plus grandes que les autres, mais l’écart s’explique par leur équipement numérique : ce sont les autres technologies numériques, les compétences et l’infrastructure qui comptent. Les utilisatrices sont plus productives, mais surtout parce que ce sont les entreprises déjà productives et numérisées qui adoptent l’IA — sauf pour celles qui la développent elles-mêmes, où le lien avec la productivité reste significatif.

Une revue systématique de Leon Oldemeyer, Andreas Jede et Frank Teuteberg (Management Review Quarterly, 2024) recense 27 difficultés rencontrées par les PME qui adoptent l’IA ; les plus fréquentes sont le manque de connaissances, les coûts et une infrastructure insuffisante — les mêmes que dans l’enquête de l’Insee.

Pour une PME qui n’a pas commencé : par où prendre le sujet

  • →Le premier frein déclaré par les petites entreprises n’est pas le coût mais « pas d’utilité » (71 %). Partez d’une tâche précise, répétitive et mesurable — tri des e-mails entrants, relance des factures, synthèse de documents —, pas d’un outil.
  • →Le deuxième est l’expertise (53 %). Prévoyez une personne, en interne ou à l’extérieur, qui supervise le premier usage et vérifie ce qu’il produit.
  • →Traitez tôt la protection des données et le cadre juridique, cités par plus d’un tiers des entreprises : quelles données l’outil voit, où elles sont hébergées, qui y a accès. Voir notre article sur la note de la CNIL sur l’IA agentique.
  • →Mesurez un indicateur avant et après (temps passé, délai de réponse, taux d’erreur) sur quelques semaines avant d’étendre.
  • →L’équipement numérique compte plus que l’outil d’IA lui-même (Calvino et Fontanelli) : des données propres et des logiciels qui communiquent entre eux sont souvent le vrai premier chantier.

Questions fréquentes

Quelle part des entreprises françaises utilise l’IA en 2025 ?+

18 % des entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands (hors agriculture, finance et assurance), selon l’Insee Première n° 2120 du 21 juillet 2026, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. La moyenne de l’Union européenne est de 20 %.

Les PME utilisent-elles moins l’IA que les grandes entreprises ?+

Oui : 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés, 31 % de celles de 50 à 249 salariés et 58 % de celles de 250 salariés ou plus en 2025. L’écart entre les plus petites et les plus grandes est passé de 16 à 43 points entre 2023 et 2025.

Pourquoi les entreprises n’utilisent-elles pas l’IA ?+

Parmi celles qui ne l’utilisent pas, 71 % disent ne pas en voir l’utilité et 54 % évoquent un manque d’expertise ; viennent ensuite l’incompatibilité avec les équipements, la protection des données et le manque de clarté juridique (38 % chacun), puis les coûts (32 %).

Les chiffres de l’Insee couvrent-ils les entreprises de moins de 10 salariés ?+

Non. L’enquête TIC porte sur les entreprises de 10 salariés ou plus ; les TPE de moins de 10 salariés n’y figurent pas.

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